L'interview de Vincent Lefieux, RTE

« On assiste à une forte accélération de la transformation digitale de RTE »

Parce que l’analyse et le traitement des données sont au cœur des activités du gestionnaire du réseau de transport d’électricité, RTE vient de signer un accord de partenariat avec l’Ensai. Responsable du pôle Analyse et Expertise Statistique, Vincent Lefieux (Ensai, 1997) nous explique comment RTE intègre des technologies de pointe dans des réseaux devenus intelligents.

Sur quel type de données travaille-t-on quand on transporte de l’électricité ?
Vincent Lefieux : RTE a notamment pour missions d’équilibrer l’offre et la demande d’électricité, de concevoir des mécanismes de marché pour le système électrique, de maintenir et adapter le réseau. Cela fait autant de sujets et de données de natures différentes : prévisions de la courbe de charge, de quelques heures à plusieurs années, modélisation des productions éoliennes et photovoltaïques, prévisions des pertes électriques, des prix de marché, maintenance prédictive, etc. Au-delà de ces travaux statistiques, on trouve de nombreuses études faisant appel à l’électrotechnique, l’automatique, l’optimisation, etc.

Quelles sont les missions du Pôle Analyse et Expertise Statistique que vous dirigez ?
V.L. : le pôle Analyse et Expertise Statistique a pour objectif de mener des études statistiques en lien avec le système électrique. Il est en interface avec différents métiers de RTE : économie et prospective, information et transparence, marché, R&D, exploitation, etc. Le pôle prodigue par ailleurs des formations statistiques en interne et participe à l’animation Data science, plate-forme d’échanges interne sur une thématique en fort développement.

On parle aujourd’hui de « smart grids », RTE est bien sûr directement concerné…
V.L. : l’objectif des « smart grids », littéralement « réseaux intelligents », est de permettre davantage d’interactions entre tous les acteurs du système électrique français et européen, mais aussi de développer la souplesse et l’efficacité de ce système. Depuis plusieurs années, RTE intègre ainsi des technologies de pointe dans ses infrastructures et fait évoluer ses outils pour améliorer le fonctionnement du système électrique.

Plus largement, quand on parle de transformation digitale de l’économie, que répond RTE ?
V.L. : on assiste à une forte accélération de la transformation digitale de RTE. La maitrise du numérique, d’ores et déjà au cœur des activités de l’entreprise, devient un élément vital face aux nouveaux défis. On parle là notamment de plates-formes temps réel permettant de gérer le système électrique, de services aux clients sur les données, et de la contribution de RTE au futur service public des données du secteur électrique, mais aussi d’un « lab » numérique, support de l’innovation…
La transformation digitale signifie également la capacité de travailler ensemble différemment : c’est la multiplication des dossiers instruits en mode projets, un accès facilité pour l’ensemble des salariés aux informations transverses et aux orientations stratégiques, une plus grande agilité dans les échanges à tous niveaux.

Pourquoi prévoir la consommation d’électricité à RTE ?
V.L. : prendre de « bonnes » décisions en termes de gestion d’un système électrique n’est guère possible si l’on ne dispose pas de techniques efficaces permettant de modéliser les aléas et d’en faire une prévision aussi précise que possible. En particulier, la prévision de la consommation d’électricité est indispensable pour l’équilibre offre-demande à court terme et une exploitation suffisamment sûre du réseau. Les prévisions à long terme - jusqu’à 15 ans - permettent quant à elles de disposer d’une vision prospective sur la quantité et la localisation de l’énergie à transporter, et des investissements de réseaux nécessaires dont il faut anticiper la construction suffisamment longtemps à l’avance.
www.rte-france.com

www.rte-france.com

Toutes les actualités